Archives de la catégorie Stratégie
Comment introduire l’innovation dans les directions générales ?
Posté par Didier SERRAT dans Accompagnement transformation, Exécution de la stratégie, Innovation, Médias sociaux, Stratégie le 15 avril 2012
Notre questionnement est double: d’une part comment les directions générales peuvent elles innover dans leur fonctionnement, et d’autre part comment peuvent-elles faciliter l’émergence de nouveaux modèles d’affaires ?
Car ce sont bien elles qui par leur exemple ou leur soutien, motivent dans ce sens l’ensemble de l’organisation.
Dialoguer avec les directions générales sur ce sujet nous semble bien souvent être une gageure dans nos expériences de dirigeant ou de conseil. Tant elles sont souvent hermétiques au questionnement de leurs positions acquises, de leur légitimité, qu’appellent les évolutions de plus en plus rapides des besoins des individus à satisfaire, de l’environnement concurrentiel, de la complexité des éco-systèmes. Avec le sentiment que les organisations sont toujours en retard sur les évolutions sociétales. De plus le contexte de crise économique et financière que nous connaissons en Europe renforce les comportements frileux, court-termistes. Souvent les entreprises limitent leurs efforts aux idées rentables à court terme. Ce qui laisse peu de chance à l’innovation.
Anticipez les évolutions sociétales qui vont influencer votre business model
Posté par Didier SERRAT dans Stratégie le 22 janvier 2012
En cette période de débat public intense, pour cause de campagne électorale, dans de nombreux pays d’ailleurs, une lecture a retenu tout particulièrement notre attention, qui décrypte les styles de vie des Français.
Avec pour titre “Ce que veulent les Français, Styles de vie 2012-2017″, et une typographie bleue et rouge sur fond blanc, l’ambition des auteurs d’éclairer notre débat présidentiel est claire. Les thèmes de la vie privée, de la santé ou de l’école y côtoient ceux de l’entreprise, de la mondialisation ou du travail. Ils intéressent aussi les dirigeants d’entreprise toujours en veille sur ce qui peut influencer leur business model.
Le blog de Paul Claudel de 1927 à 1932 depuis l’Amérique
Posté par Didier SERRAT dans Stratégie le 21 décembre 2009
L’Ambassadeur de France aux États-Unis a tenu un correspondance diplomatique passionnante sur cette époque charnière.
Une plume évidemment superbe dont je ne résiste pas de vous citer quelques extraits. Par exemple celui-ci, la conclusion d’un discours à la Chambre de Commerce Française le 30 janvier 1929. Alors que l’Amérique est le premier fournisseur de la France, celle-ci lui exporte peu. Claudel voit dans les arts décoratifs un domaine où la France peut continuer de disséminer son esprit et développer son influence. À l’époque il n’y avait pas grand chose d’autre à vendre aux américains… Je cite:
J’exprime donc de tout cœur le vœu que la France et l’Amérique trouvent dans le domaine de l’art décoratif la même union féconde qui a été la leur dans celui de l’architecture et dans bien d’autres industries charmantes et utiles qui font l’agrément et la véritable raison d’être de l’existence. Je remercie tous les Français et tous les Américains ici présents qui nous donnent l’exemple de cet heureux enlacement. Et je salue l’avenir splendide que j’entrevoie en portant à mes lèvres, non pas un verre d’eau glacée, mais cette coupe idéale toute remplie d’une liqueur spirituelle et généreuse que la France a toujours présentée à ses visiteurs et à ses amis.
Dans le domaine économique et financier, Claudel a été un témoin de premier plan qui alimentait le Quai d’Orsay de ses alertes sur les dérèglements de l’économie américaine soumise aux spasmes de la spéculation qui allaient l’entraîner et avec elle le monde, dans un récession bien plus violente que la crise que nous vivons actuellement.
Sur les dangers qui menacent la prospérité américaine le 30 mai 1928:
Enfin, l’assiette financière des États-Unis s’est profondément modifiée. Leurs énormes placements les ont soustraits à leur isolement et les ont rendus solidaires du monde entier. Beaucoup d’économies qui servaient de fonds de roulement à l’industrie et à l’agriculture nationale sont maintenant représentées par des titres qui, en temps de crise seraient difficilement négociables. Je n’examine pas ici la contrepartie, mais il est certain que si une crise se produisait en Amérique, les ventes de titres qui en seraient la conséquence avec le tempérament spéculatif qui existe ici seraient une catastrophe pour le monde entier. Nos commerçants ont eu déjà beaucoup à souffrir de la spéculation qui se déchaîne sur les marchandises pour lesquelles nous sommes solidaires de l’Amérique. La domination du marché financier par New York est probablement appelée dans l’avenir à déchaîner quelques ouragans.
Citant le 4 février 1929 un rapport d’une association d’industriels:
L’inflation du crédit dans ce pays, au cours de ces dernières années reflète en grande partie une large inflation des espoirs du monde des affaires qui résulte d’une période de propagande de prospérité persistante et prématurée de la part d’intéressés cherchant à se décharger sur le public de valeurs spéculatives et ne payant pas de dividendes. L’homme d’affaires américain semble chroniquement incapable de se guérir de la psychologie du boom, incapable de voir d’une façon réaliste les conditions industrielles fondamentales et de s’accoutumer à une croissance régulière et modérée du commerce.
Bon mais je ne vais pas vous citer tout le livre…
Paul Claudel La crise, Amérique 1927-1932 Éditions Métaillié Sept 2009
Activité 2008 des institutions de prévoyance
Posté par Didier SERRAT dans Stratégie le 1 juillet 2009
Lu dans la presse (Argus de l’assurance 30 juin 2008):
Cotisations en hausse et résultats en baisse pour les IP
L’activité des institutions de prévoyance (IP) a enregistré une croissance de 4,4% l’an dernier, avec 11 milliards d’euros de cotisations au titre de leurs opérations directes.
Les 57 organismes adhérents au Centre technique des institutions de prévoyance (CTip) ont réalisé en 2008 presque le même chiffre d’affaires en santé (5 075 M€) qu’en prévoyance (5 079 M€). La première est cependant celle qui enregistre la plus forte progression (+5,6%), notamment grâce à l’essor des accords de branches, dont le nombre est passé de 27 à 40 en un an. La dépendance – comptabilisée dans la prévoyance – enregistre une progression de 40,4%, à 18 M€. Une performance qui confirme l’intérêt d’une approche collective pour ce type de couverture complémentaire. La crise financière de fin 2008 a pesé sur les résultats nets des institutions de prévoyance, qui reculent de 46% à 720 M€. Elle a pesé à hauteur de 3 Md€, engloutissant près de 2,5 Md€ de plus-values latentes et 500 M€ de fonds propres. Toutefois, les IP ont préservé leurs équilibres techniques et couvrent en moyenne 4,5 fois l’exigence réglementaire de marge de solvabilité.
Comment intégrer le développement durable dans le métier d’assureur?
Posté par Didier SERRAT dans Stratégie le 7 mai 2009
Les assureurs ont rapidement intégré le développement durable dans leur fonctionnement, avec notamment les bilans sociétaux, les empreintes carbone, les politiques d’achat, les investissements ISR, etc… En revanche, la prise en compte de ces préoccupations dans leur activité opérationnelle est beaucoup plus timide. Le Grenelle de l’Environnement a été pourtant une occasion de les exhorter à apporter leur contribution notamment à la garantie des performances énergétiques des bâtiments. Aujourd’hui, rares sont les assureurs qui proposent des assurances auto tenant compte de l’empreinte carbone du véhicule (on pense qu’un conducteur “vert” aura une sinistralité meilleure, mais cela n’est pas encore démontré). Quelques autres proposent des garanties dommage pour les panneaux solaires, et les premières couvertures responsabilité environnementale pour les industriels arrivent sur le marché, etc… Mais tout cela ne représente pas encore grand chose dans leur activité. Les assureurs ont néanmoins adopté récemment une charte du développement durable visant à promouvoir cette démarche.
Dans l’exemple ci-dessous relevant de l’assurance construction, on voit s’ouvrir une nouvelle piste intéressante. En effet les travaux de rénovation thermique des bâtiments exigent des professionnels une polyvalence pour laquelle ils ne sont pas toujours couverts. Leurs polices doivent être adaptées à cette nouvelle demande ce qui nécessite qu’ils puissent également justifier de leurs compétences à mener ces travaux. Espérons que cette voie se concrétisera plus rapidement que le Pass Innovation qui reste essentiellement sur le papier, afin d’apporter aux professionnels et aux usagers les instruments adéquats pour sécuriser ces opérations.
Une manière d’aller de l’avant et de contribuer aux objectifs ambitieux du Grenelle serait pour les assureurs de rénover leurs propres actifs immobiliers. C’est une manière de préserver la valeur de leur patrimoine car d’ici quelques années, des bureaux qui consommeront trop d’énergie trouveront moins facilement de locataires.
L’Europe met en chantier l’assurance construction.
Comment l’assurance construction peut-elle stimuler le développement durable ? L’audit européen que mènent le Centre d’études d’assurances et le CSTB tente de répondre.
La Commission européenne souhaite promouvoir l’innovation et le développement durable dans le secteur du bâtiment et a l’intention de s’appuyer sur l’assurance construction pour y parvenir.
La Commission a d’abord lancé un appel d’offres en vue de réaliser un état des lieux des schémas d’assurance construction existants dans les 27 États membres et de préconiser des mesures d’amélioration des différents régimes pour stimuler l’innovation dans le secteur. Ce sont le Centre d’études d’assurances (CEA) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) qui ont été désignés pour réaliser cette étude.
L’assurance comme promoteur de l’innovation
Pourquoi deux établissements français ? La France, avec le régime « Spinetta », dispose d’un double système d’assurance (dommages-ouvrage et responsabilité civile décennale), plus large et plus développé que ceux de ses homologues européens. En outre, et même si le secteur français du bâtiment n’est pas aussi en pointe que son homologue allemand en matière de développement durable, le Grenelle de l’environnement a fait émerger la problématique des nouvelles techniques utilisées dans le secteur et permis la mise en place du Pass’ Innovation (prise en compte rapide par l’assurance des techniques innovantes).
« En partant des différents schémas d’assurance européens, l’idée est d’imaginer des mesures concrètes permettant à l’assurance de devenir un outil d’accompagnement et de promotion de l’innovation », explique Jean Roussel, directeur du CEA. Le cabinet a mis au point un questionnaire en ligne (Elios-ec.eu) à l’attention de toutes les parties prenantes et rendra début mai son rapport intermédiaire.
Le 30 janvier 2009 par l’Argus de l’Assurance.
